Q: Aujourd'hui, vous gardez la cage du Canadien de Montréal, l'organisation la plus prestigieuse de la planète, avec vingt-quatre Coupes Stanley qui décorent son palmarès. Jolie revanche sur le sort, non?
R: En tant qu'athlète, je suis obligé de composer avec les échecs et de me remettre constamment en question. L'objectif, pour un pro, c'est toujours de rebondir. J'ai vécu des désillusions en Suisse pendant le lock-out lorsque FR Gottéron et Lausanne n'ont pas voulu de moi et quand j'ai fait banquette à Lugano. J'ai également connu un début de saison 2005-2006 difficile avec Colorado. Mais, au fond de moi, je savais que j'allais redevenir dominant.
Q: Revenons sur le contexte de votre échange contre José Théodore, le gardien qui partageait le filet du Canadien avec Cristobal Huet jusqu'à la semaine dernière. Quelle fut votre réaction quand vous avez été informé de cette transaction?
R: Pendant deux ou trois heures, j'étais mi-choqué, mi-surpris. Mais, très rapidement, je me suis réjoui du nouveau défi qui m'était offert. Dans un échange, normalement, il n'y a que des gagnants. Et j'ai vu les choses sous cet angle-là, même si l'Avalanche était mon premier club de NHL, même si l'organisation que j'ai quittée était super bien, même si j'aimais la vie à Denver..
Q: Concrètement, comment se passe un échange?
R: C'est simple. On te convoque, on te dit que tu es cédé au Canadien et tu pars! La nuit de la transaction, j'ai quitté Chicago, où nous étions en voyage avec l'Avalanche, au beau milieu de la nuit, plus précisément à 3 h 30, pour prendre quelques affaires à Denver. Et, le lendemain, à 2 h du matin, j'étais à Montréal.
Q: Et sous un angle un peu plus humain?
R: Vous savez, pour moi, cela fait partie du travail. Quand je signe un contrat de hockeyeur professionnel, je sais que je peux être amené à déménager à tout moment. Pour mon épouse, Alexandra, en revanche, c'était plus déchirant. Elle travaillait en tant que bénévole à Denver. Et elle a dû tout abandonner pour me suivre à Montréal. Elle m'a rejoint il y a quatre jours. Ce changement d'adresse est plus contraignant pour elle que pour moi.
Q: À Montréal, vous êtes désormais plongé dans le berceau du hockey...
R: Si j'ai voulu devenir hockeyeur professionnel, c'est en partie dû à un voyage que j'avais effectué à Québec quand j'avais 13 ans. J'étais venu dans la Belle Province avec les novices de FR Gottéron, alors entraînés par François Huppé. Pendant ce périple, j'avais assisté à un match entre les Nordiques de Québec et le Canadien de Montréal. C'était la dernière partie de Guy Lafleur avec les Nordiques. Je m'en souviens comme si cela s'était passé hier.
Q: À l'époque, votre chambre d'enfant était-elle ornée de posters de joueurs des Nordiques (devenus l'Avalanche du Colorado depuis) ou du Canadien?
R: L'histoire est parfois étonnante, mais j'avais les deux! Je m'endormais le soir en regardant les images de Ron Hextall, le gardien de Québec, et de Patrick Roy, le goaleur de Montréal. Et je ne dis pas cela pour faire dans le politiquement correct. C'est la réalité.
Q: Votre présent a donc rattrapé votre passé...
R: On peut le dire! J'ai toujours aimé cette région. Même s'il fait parfois un peu froid, les gens ont le coeur chaud! [[ Oooh.. c`est tellement cute c`qui dit. lol ]]
Q: À Montréal, l'humeur des résidents est souvent tributaire des résultats des Habs et les médias accordent quotidiennement des dizaines de pages à l'actualité du Canadien. Ressentez-vous une pression supplémentaire dans cet environnement particulier?
R: La seule pression qui existe, c'est celle que l'on se met! En tant que sportif, je veux gagner. Avant, je voulais remporter une Coupe Stanley avec Colorado; maintenant, je veux en soulever une avec Montréal.