[[Décidément il ne cesse de monter dans mon estimee. C`est simple: Jladoore cte gars-là! En lisant c`qui suit vous allez en apprendre bcp plus sur luii. C`est en quelque sorte son histoiree.. C`est long, mais selon moi ça vaut la peine d`le lire. lol]]
Un joueur de hockey aurait l'air dépareillé au milieu des lustres, des consoles Louis XV et des livres antiques. Pas David Aebischer.
En mettant le pied dans la maison historique Pierre du Calvet, rue Bonsecours, le gardien de but est à l'aise comme un poisson dans l'eau. Il s'émerveille du décor, interroge le proprio sur l'âge des lieux... L'homme semble curieux de tout, et en particulier de l'histoire du Québec. Même dans sa lointaine Suisse, David Aebischer a passé sa carrière avec le Québec en filigrane.
Ses premiers patins, il les doit à deux Québécois. «J'avais trois ans, quatre peut-être. Jean Gagnon et Jean Asselin jouaient avec mon oncle avec l'équipe Fribourg-Gottéron. Ils m'ont ramené ces patins du Québec. Je les ai encore. C'est le plus beau cadeau que j'ai reçu.»
Puis, il y a eu les voyages à Québec, notamment pour le tournoi pee-wee... «On allait souvent voir les matchs des Nordiques, se souvient-il. J'ai même assisté au dernier match en carrière de Guy Lafleur lorsque j'avais 12 ans. Je ne le connaissais pas, mais j'avais été très impressionné de voir les gens debout pendant 14 minutes.»
Ces voyages répétés dans la capitale ont fait du jeune Fribourgeois un partisan pur et dur des Nordiques. Pendant les années de farouche rivalité avec la Sainte-Flanelle, son coeur penchait pour les Bleus. «C'est l'équipe de la LNH que j'avais vue le plus souvent...», dit-il comme pour s'excuser.
C'est dans les gradins du Colisée que David Aebischer a compris qu'il voulait faire carrière devant les filets. «C'était le premier match que je voyais en Amérique et j'ai su que je voulais jouer dans la LNH. Je l'ai dit à mes parents, mais je ne pense pas qu'ils m'aient cru! C'était mon rêve, mais je voyais que j'avais un désavantage en tant que Suisse. Il n'y avait personne qui s'était rendu jusque dans la Ligue nationale auparavant.»
Le jeune joueur est fasciné par l'atmosphère des matchs nord-américains. «En Suisse, l'ambiance ressemble plus au foot. Ici, c'est un peu plus, comment dire, civilisé? En Suisse, les gens sont debout, ils lancent des choses sur la glace et crient des insultes qui ne seraient pas autorisées ici!»
À 15 ans, Aebischer fait son entrée à l'École internationale de gardiens, à Verbier, où il croise le Québécois qui aura le plus d'influence sur sa carrière : François Allaire. Allaire a été un des premiers à reconnaître le talent du jeune gardien et encore aujourd'hui, Aebischer ne passe pas un été sans aller s'entraîner à Verbier.
Déterminé à se rendre au bout de son rêve, Aebischer quitte la Suisse à 19 ans pour les États-Unis. Aucun joueur helvète avant lui n'avait tenté pareil pari. «Il y a au moins 15 personnes qui m'ont dit que je n'allais pas y arriver, se souvient-il. Je gagnais un bon salaire en Suisse - trois fois plus que ce qu'on m'offrait dans la LNH -, j'avais une belle carrière devant moi... Mais c'était mon rêve depuis que j'avais 12 ans. Je n'ai pas hésité : montrez-moi où signer, je suis prêt. Je ne voulais pas avoir de regrets!»
En Suisse, il aurait pu empocher l'équivalent de 120 000$ avec le Gottéron. En Amérique, sa première année a été infernale. Repêché par l'Avalanche du Colorado, il se retrouve avec les Bears de Hershey, dans la Ligue américaine, avant d'aboutir dans la East Coast League, où il a joué pour les Nailers de Wheeling et les Icebreakers de Chesapeake.
Pour l'Européen, c'est le choc. «Je ne parlais pas très bien anglais, voire pas du tout, et je me retrouvais seul pour la première fois, loin de ma famille. Les deux ou trois premiers mois n'ont pas été faciles. J'avais perdu tous mes repères. Je devais m'habituer à la nourriture qui était différente, au style de vie. J'ai dû totalement réapprendre à me faire une routine. Wheeling se trouve en banlieue de Washington, D.C. C'était une ville énorme et stressante en comparaison de Fribourg!»
«Il y a des moments où je me disais que ma vie serait beaucoup plus facile si j'étais resté en Suisse, mais je repensais à ceux qui m'avaient prédit un échec en Amérique. Je ne pouvais pas revenir et me présenter devant eux. Ils m'ont aidé plus qu'ils m'ont nuit, finalement!»
Quand le mal du pays était trop fort, le gardien se tournait vers ses coéquipiers québécois - «Il y en avait toujours!» - avec qui il pouvait parler français. Pour un Suisse-Allemand élevé à la frontière de la Suisse romande, la compagnie des Québécois était ce qui se rapprochait le plus de la maison. «Il y avait un joueur à qui sa mère envoyait de la tourtière et de la tarte au sucre. C'est bon, mais c'est lourd. Il faut patiner deux heures après avoir mangé ça! Et une poutine de temps en temps, ce n'est pas mal non plus!»
L'an dernier, le gardien de 28 ans a épousé sa copine des 11 dernières années, Alexandra. Avec elle, il adore discuter (en français), puisque sa douce vient de Berne de politique internationale. «Alexandra a un diplôme en études internationales. Avant de la connaître, ça ne m'intéressait pas du tout, mais aujourd'hui, c'est important pour moi de savoir ce qui se passe dans le monde.»
Source: Cyberpresse.ca